As Above, so below ou du céleste jusqu’à ton sexe

Je n’ai pas l’intention de te donner un cours express sur l’art d’être énergétiquement pénétrée par un chérubin ni de te persuader de la sacrosainte conception angélique. Si j’évoque ton essence sexuelle en annexe au divin, c’est pour illustrer le principe de correspondance. Un pilier mystique en sous-trame des magies élémentaire et érotique.

« Quod est inferius est sicut quod est superius, et quod est superius est sicut quod est inferius, ad perpetranda miracula rei unius.»

­« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour accomplir les miracles d’une seule chose. »

Tabula Smaragdina / Table d’Émeraude, Hermès Trismégiste

Le principe de correspondance

La citation émane des textes fondamentaux de la tradition hermétique et raconte l’un des sept grands principes : celui de la correspondance, voulant que tout ce qui existe s’harmonise et s’équipolle sur les différents plans.

Le « en haut » fait référence aux plans spirituels, célestes, occultes ou astraux, et le « en bas » au monde charnel, terrestre et matériel. Rien à voir avec le paradis du dieu blanc et l’abysse de l’autre déchu. C’est surtout une citation marquante qui raconte une loi universelle qui se reflète dans chaque être et chaque chose. Le tout, l’univers, le macrocosme est le reflet et est reflété dans l’individuel, le microcosme.

En prendre conscience ouvre la voie à une magie décuplée.

Macro qui, micro quoi?

Ça peut sembler intangible comme concept, alors vulgarisons :

Les réseaux sociaux en sont un bon exemple.

De manière globale, les réseaux sociaux sont un miroir de notre société. Ils font le récit des comportements humains, racontant nos pensées les plus évidentes comme celles qu’on voudrait dissimuler. Ils sont révélés à travers les posts, les story, les citations de psycho-pop et les photos parfaitement mises en scène. Ils réfléchissent la réalité de nos vies – nos espoirs, nos peurs, et nos larmes – en une version universelle de ce qui était autrefois individuel (micro devient macro).

L’algorithme nous fait le cadeau du voyeurisme sur l’expérience des autres en recommandant du contenu basé sur nos réactions, nos actions, et quelques prédictions obscures. Ce qui était apprécié, craint ou idolâtré par un seul individu se cumule exponentiellement et devient une tendance, qui finit par s’insinuer dans nos vies personnelles, affectant nos choix, nos pratiques et même (tristement) nos pensées.

On passe du micro au macro et du macro au micro, dans un mouvement continu et infini.

La musique aussi illustre bien le concept.

Si tu m’avais dit jeune ado qu’un jour on partagerait anonymement et mondialement des playlists au lieu de se passer des étuis à CD magagnées d’un coffre à gant à un autre, je ne t’aurais pas cru. Mais c’est devenu une réalité, par ce même principe de correspondance.


Les plateformes de streaming, style Spotify ont fait passer le micro au macro et le macro au micro dans ce même mouvement continu et quasi infini. Ce que tu choisis d’écouter solo de ton côté témoigne de tes goûts uniques et du même coup, contribue aux tendances musicales mondiales.


Ton amour pour un genre spécifique ou un artiste sous-estimé peut, grâce à l’algorithme, propulser ce dernier sur le devant de la scène mondiale. Ainsi, ta préférence microcosmique affecte le macrocosme musical, influençant les décisions de programmation des DJs, les futurs festivals, et même les orientations de carrière des artistes. Inversement, les sons populaires au niveau macro peuvent te séduire et influence ta bibliothèque personnelle.


De là, la musique devient un dialogue en écho entre le solo et le collectif.
D’une part comme de l’autre, on alimente tout en étant alimenté par l’autre.

Tu pourrais faire le même paralèle avec la porno commerciale.

Bref, je pense qu’on se comprend.
La correspondance est un phénomène fascinant.

Comment en apprivoiser l’influence

c’est par l’entremise de la magie élémentaire qu’on peut s’exercer, à mon sens, le plus facilement (et sans dégât!).

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