Alexine Quinn

Reflet

(Maxime)  Je regardais quelques vidéos hier soir et une chose en entraînant une autre, je suis tombée sur celle-ci.


Lien de la vidéo.

 

(Gaëlle) Woah! Et tu t’es dis pourquoi ne pas partager mes séances de masturbation à toutes?!

 

(M) Exact. Suggestions, commentaires, opinions, émotions?

 

(G) Opinion : ça doit être rigide sur et dans le corps.


(Jade) Mais pourquoi avoir envie de faire cela? Et pourquoi se laisser filmer et le publier?

 

(G) Et pourquoi le regarder les doigts plongés dans le corps?

 

(M) Hasard! Je suis tombée là-dessus sans chercher.

 

(G) Ce n’est surtout pas une question de ciblage, d’antécédents de recherches et de préférences pour tout ce qui est awkward, creepy ou déviant. Surtout pas, n’est-ce pas Max?

 

(M) Tu m’aimes tellement. Tu n’en peux plus de m’aimer.

 

(G) Not.

 

(M) Est-ce que tu y repense souvent à ma langue sur ta chatte dans le spa?

 

(G) Vas dont te faire foutre !


(M)
I wish

 

(Alexine) Doux les filles.

Une chose et son contraire, deux mentalités opposées, toujours et encore en train de s’insulter, à croire qu’elles ne pourraient vivre leur amitié sans se détester. C’est tout de même rassurant comme réveil. Jouer à la médiatrice me berce dans mon illusion de fille zen et en contrôle. Bien qu’au fond ce soit évident pour toutes : Jade est la plus saine, quoiqu’un peu coincée. Je me demande parfois ce qu’elle fait avec nous. Le divertissement j’imagine, la libération par procuration, on est la voix tue de son côté pervers et déluré.

Toujours installée dans mon lit, je profite du confort des draps que je joue à faire glisser sur mon corps. J’ai à peine osé sortir un bras de mon nid pour attraper mon téléphone que les filles ont fait trembler. Addictive extension de mon être, même les yeux fermés, j’arrive à le retracer autour. Il fait froid chez moi, novembre est bien installé. Malgré cela, le chauffage est à sont plus bas, pas question de l’ajuster ça me rapprocherait trop de Noël. Je déteste le temps des Fêtes. C’est aussi quétaine et redondant que contraignant, la musique, la bouffe, les traditions, les gens, surtout les gens… Il n’y a que le Nouvel An qui m’adoucie un peu en dedans. C’est l’espoir, le début de quelque chose et la suite d’une histoire que je ne vais sans doute jamais terminer. Je sors du lit et m’étire un peu. Je ne sais déjà plus à quoi j’ai rêvé, mais ma peau le sait. Mon corps est chaud, même si autour tout est froid. J’y gagne un frisson par le contraste.

La brume de la douche emplit la pièce. Avant de m’y retrouver, je défais les nœuds de mes cheveux. La brosse glisse entre les brins bourgognes. J’aime ressentir le tiraillement qui précède chaque descente de la brosse. Inévitablement, mes pensées se perdent jusqu’à la débordante zone de souvenirs et de fantasmes de mon cerveau. Je repense à Laurence qui m’avait enfoncé de la sienne. Notre dernière conversation (lire ici baise) remonte à quelques semaines déjà d’ailleurs. Je quitte la brume un instant pour retourner à ma chambre et y reprendre mon cellulaire.  D’abord, pour faire tomber In Vein dans le haut-parleur, mais aussi pour saluer Laurence comme il se doit, c’est-à-dire avec une photo de mes seins barbouillés d’un Bon matin!

Je retourne à la chaleur humide de la salle de bain et je reprends la page de la conversation avec les filles. Intriguée, je me demande qu’est ce qui a bien pu exciter Maxime à ce point. Je clique sur son lien.

L’image cadre une grande brunette au corps svelte près de sa douche. Elle débute en ouvrant son haut qui à lui seul donne déjà envie. Putain que j’aime la lingerie! Je m’attends à la voir prendre place dans la douche, couvrir son corps de savon, frictionner sa peau pour s’amuser à nous exciter, mais elle n’en fait rien. Au bout de quelques secondes, elle approche le bas de son corps d’un meuble lavabo aux rebords arrondis. Elle ouvre sa chatte et la pose sur le coin du meuble. Mais elle fait quoi? Mitigée, je l’observe se mouvoir contre le bois plaqué. Fuck, je pense que c’est excitant en fait. Elle bouge encore et encore, ses hanches avancent et reculent, elles ondulent et serpentent son excitation. Sa chatte mouille le meuble pendant que ses petits seins qu’elle attrape d’une main pointent les cieux. Elle semble sincèrement y prendre plaisir, son visage est marqué d’envie. Le son de la vidéo a remplacé la musique que j’avais mise derrière. Elle gémit sur haut-parleur et je ne peux pas décoller mes yeux de l’écran.

Je suis absorbée, excitée même. Coupable, je me force à quitter les images des yeux. L’eau chaude de la douche qui se gaspille depuis trop longtemps a embrouillée mon reflet dans le miroir qui est devant moi. Pour me distraire, j’y dessine un coeur comme le ferait une gamine. Je baise la tête et jette un regard au comptoir pour réaliser qu’il a la même découpe arrondie que celui de la grande brune. J’y passe la main, hésitante. Tout se bouscule en dedans, l’envie se cogne à la moralité. Ce n’est pas comme ça que l’on doit se masturber. Ce n’est pas comme ça que les gens le font. Il n’y a que les garces qui le font autrement.  Ma tête est à droite, mon corps est à gauche. Encore une fois, je me sens fendue en deux. Encore et comme tout le temps, je suis mouillée. Je passe la main entre mes cuisses pour confirmer ce que je sais. Plus qu’humide, mon corps est trempé, prêt à se liquéfier. Ce à quoi ma tête répond ça glisserait bien au fond, aussi bien sinon mieux que la fille dans les images.

Je m’approche du comptoir ouvrant légèrement les jambes. Mon clitoris qui pétille d’envie déjà que par la force de l’imaginaire se frotte au meuble froid. Il aime ça. Ce n’est pas moi la garce au fond, c’est ma chatte. Ça a toujours été elle qui décidait en fait. Pourquoi lutter quand on sait qu’on ne peut gagner? C’est elle, ce n’est pas moi. Libérée de la culpabilité de ma perversité, je commence à me frotter dans de plus grands mouvements. C’est à la fois excitant et très différent. Immobile et fixe, j’ai l’impression d’avoir un plus grand contrôle encore sur ce meuble que sur les jouets habituels. C’est stable dur et fort. C’est mon bassin qui trace son chemin, comme le ferait celui d’un homme qui domine chaque fois les coups qu’il balance à sa convenance. Je n’ai pas de queue, je n’en aurai jamais, peu importe combien je m’en enfiles. Moi, je dois me frotter, me tortiller et me trémousser pour faire du bien à mon envie. Moi, je dois m’autoexploiter. Je dois me puter sur un comptoir. Et c’est ce que je fais. De plus en plus, de mieux en mieux, je mouille la place.  Chaque coup de hanches me donne envie d’en prendre un suivant. C’est excitant, mais c’est insatisfaisant. J’ai le clitoris brûlant, mais jamais cela ne sera suffisant pour me faire plonger dans une frisson de libération.

Alors, j’écarte un peu plus mon corps de mes doigts et j’aligne le coin arrondi avec mon trou. Le coin entre et sort et encore. Je frôle chaque fois la sensation dont j’ai besoin sans jamais me prendre la bardée dont j’aurais besoin. Mes yeux se posent à nouveau sur le miroir complètement brouillé. Entre deux coups de bassins, j’y passe la main ce qui trace une zone moins floue. J’y vois le reflet d’une partie de mon corps : mes seins pointés qui vague sur chaque mouvement que je fais. Je fixe ce que je vois sans penser et sans analyser. Et puis je me mets à voir mon corps comme s’il n’était pas mien. Je le vois que pour ce qu’il est. Érotiquement, il me plait. Mes seins m’ont toujours fait plaisir, à regarder, comme à toucher. Je les observe avec envie s’exciter sur chaque coup de bassin que je prends au comptoir, chaque fois dans l’espoir de m’enfoncer enfin ce que je désire.

Je n’y peux rien, j’ai besoin de plus. Elle a besoin de plus. Je prends un recul du comptoir et le voit reluire. Ma fente est vide et creuse. Elle est trop vide pour ce que j’aime. Ma fente hurle son manque de présence et moi je suis excitée aussi fort dans le corps que dans la tête.

Je m’étire un peu et attrape la verge artificielle que je laisse toujours ici pas loin pour les urgences. Je la colle sur le dessus du comptoir et y grimpe à genoux. Je l’engloutie. Enfin, je me sens pénétrée. Monte et descends, dans des mouvements brusques et sauvages, je ne fais rien d’ordonné ou de bien coordonné. Je me baise. Je me cogne le genou dans le robinet une fois sur trois, mais j’ai le corps tellement affamé que je n’y prête même pas attention. Je remonte et m’enfonce cette fausse queue encore et encore. Manquant perdre l’équilibre, je pose la main au miroir qui à nouveau laisse voir mon corps sous la buée. Et je me vois, là, dans cette position impossible à courir après mon orgasme. Je concentre mes yeux sur l’entrée de ma fente qui engloutit la queue, profondément et toujours plus vite. Je me fixe l’enfoncer, la baiser, me baiser. Et je suis excitée.

Je vois la verge reluire sous ma mouille abondante. Elle est reluisante, trempée, parfaitement lubrifiée. Un homme ne pourrait créer cela seul. Ils ont besoin de nous, ils ont besoin de moi. Avec le temps, j’ai appris à me connaître le corps davantage et à reconnaître un orgasme puissant imminent à un petit frisson de convenance. Celui-là, il hurle à sa vie, il me fait envie et je l’attends impatiemment. Tout près, je le sens, je le travaille et je l’attends. Je faufile encore et encore la verge de service en moi, mais il manque quelque chose encore.

Plus loin, il y a ma brosse à dents sur le comptoir. Je l’attrape sans réfléchir à ce que je fais, je la frotte, rugueuse, contre mon clitoris excité. Fuck! Fuck… fuck! C’est bon. C’est salement bon! J’ai le frisson dans les orteils, ils se cambrent et se coincent. Ils ne veulent plus suivre. Je m’enfonce et continuer de me gratter avec les poils de la brosse. La sensation est hallucinante. Je suis exaltée. Mon âme se dissipe et je sens mon souffle se coincer pour un instant avant de laisser creuser le soupir de libération qui s’en suit. Je reviens à moi quelques instants avant de redescendre du comptoir haletante.

Je regarde la scène devant moi, mon cellulaire dans un coin encore ouvert sur la porno défilante, la fausse verge détrempée et collée au comptoir et ma brosse à dents. Fuck ma brosse à dent! Mais j’ai fait quoi là!? Je la prends et la lance dans la poubelle de métal qui résonne mon lancé. J’ai encore la chatte pétillante et les jambes tremblantes. Je suis toujours sur ma vibe post libération orgasmique quand on sonne à la porte. Oups! Les voisins. J’ai fait trop de bruit?

Perplexe, j’attrape mon peignoir en vitesse et je dévale l’escalier. Ce n’est pas un voisin mécontent. C’est le facteur. Il me tend une petite boîte et me fais signer la réception du colis.

ajouter un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.