Série littéraire

Bonbon

B

Mes lèvres sont si près des siennes que je pourrais l’embrasser, si près que je ressens la tension de son envie vibrer dans sa respiration, si près que je perçois la pulsation de son sang dans son torse, si près que je suis essoufflée par l’anticipation, si près que l’envolée de sensations au bas de mon ventre pourrait me faire croire à des papillons si j’étais dotée d’une pointe supplémentaire de naïveté.  Sa bouche est entrouverte et j’ai envie d’y déposer la mienne enflammée, mais je m’y...

Pulsion

P

Mes mains coincées en l’air, sa barbe a retrouvé ma peau et ses dents mon cou. Il m’a mordu, suffisamment fort pour tracer ma chair et que mes démons en frissonnent. Immobile, je voudrais me fondre sur lui, impatiente de me liquéfier sous son contrôle. C’est inexplicable combien ce gars-là m’excite. L’une de ses mains relâche les miennes, ses ongles traçant leur chemin jusqu’à mes seins. Mon sang perce ma peau sous ses marques, m’excitant encore plus fort, parce que sous ses doigts, je n’oublie...

Salope

S

J’ai remonté mes cheveux colorés et les ai solidement attachés en queue de cheval. Je sais déjà qu’il les agrippera pour mieux me maîtriser quand viendra le temps de m’enfiler. J’ai noirci mes yeux, allongé mes cils et couvert mes lèvres pulpeuses d’un rouge qui ne pourra jamais quitter ses pensées. De nuit comme de jour, il sera hanté par leur souvenir, alors que sa femme continuera timidement de ne maquiller que ses yeux et de ne friser que le bout de ses cheveux, lui, il repensera au...

Soumise

S

Elle dégage les cheveux de mon visage d’une main et frôle ses lèvres aux miennes. Son souffle alcoolisé me fait envie. Elle me fait languir l’espace d’un instant, tout juste assez pour que j’en soi quémande, mais bien dosé pour que je n’aie pas le temps de me questionner. Sa bouche est chaude et contrôlée. Je m’y perds aisément. Mais rapidement elle se retire à moi et recule de quelques pas. Elle me fait signe de me lever. Je m’exécute. Toutes deux au milieu du salon, je suis assoiffée d’un...

Jouet

J

Si le sexe peut être lassant et prévisible à l’usure, il n’y a pas une première pénétration qui ne soit pas mémorable. Je la veux, sa nouvelle queue, différente et inconnue de ma fente. Je veux feeler ce coup d’adrénaline propulsé par l’envie de découvrir toujours autre chose. Cette impression de me jeter dans le vide, de perdre le contrôle au bout de son gland pour me sentir le reprendre à ses dépens. Je veux me prouver à moi-même avant tout que je suis en vie et que je possède quelques...

Colis

C

Je porte à peine au sol. J’ai encore la chatte qui papillonne. Je salue le livreur de mes joues rosées post je me suis branlée et je remonte l’escalier deux à deux. J’ai l’habitude des colis, mais cette fois je ne reconnais pas. L’étiquetage est fait maison, ce qui me laisse présager d’une étrangeté. Ce sera quoi cette fois? Une culotte de femme détrempée dans laquelle on se sera masturbé ou du sperme dans le fond d’une bouteille de rhum à s’enfiler.

Reflet

R

Ce n’est pas moi la garce au fond, c’est ma chatte. Ça a toujours été elle qui décidait en fait. Pourquoi lutter quand on sait qu’on ne peut gagner? C’est elle, ce n’est pas moi. Libérée de la culpabilité de ma perversité, je commence à me frotter dans de plus grands mouvements.

Cerveau

C

Sa langue trouve mon sein droit, enfin. Elle enroule mon mamelon. Sa main tord le gauche. J’échappe quelques gémissements. Je me tortille pour garder mon bassin en mouvement, l’énergie est trop forte pour rester immobile, j’ai l’impression que je m’en consumerai. Mes mains sont sur ses épaules, son cou, ses cheveux, ses bras, partout où je peux m'agripper et le toucher. Je remonte les pieds sur le siège. J’ondule le bassin. Je veux me faire enfoncer. Je n’ai pas vu sa bite encore que déjà je...

Téléphone

T

Je l’imagine me pénétrer à répétitions, m’emplir et me déborder de ce que je ne possède pas jusqu’au plus profond de mon envie. Puis me le retirer pour m’en gifler, plaisir que je me donne de ma main. Plus excitée que préoccupée du jugement de l’inconnu pendu à ma branlée, je laisse aller quelques gémissements.

Perle

P

Il parle comme s’il avait besoin de me convaincre, alors qu’il a ma peau. Il y est bien incrusté contre ma volonté. Mais aussi exaltant que le désir brûlant puisse être, je sais qu’avoir quelqu’un dans la peau induit plus souvent une dépendance et une soumission au désir de l’autre que quelque chose de sain. Mais je m’en balance. Penser avec ma tête quand mon corps pleure d’envie est tout simplement impossible. Ses mots et la soirée effacent naïvement tout mon ressentiment.

Effervescent

E

Elle est parfaite. Son corps est plus voluptueux, ses jambes plus longues, sa peau plus lisse. Elle est ce que je ne suis pas et je suis ce qu’elle n’est pas. La musique qui joue lui ressemble et elle lui donne envie de danser. Ce qu’elle fait, sans hésitation au centre du spa, au centre de tous. Ce genre de minute ou rien ne se dit clairement, mais où tout devient implicite.

Second

S

C’est le genre de gars que tu regardes en jeans et qu'inévitablement tes yeux en reviennent toujours à son bassin. Même si tu essaies de te contrôler pour ne pas avoir l’air d’une folle obsédée, tu ne l’écoutes pas parler : tu observes la forme de sa bosse, impressionnée par le format et tu t’imagines les mains pleines. L’affaire avec lui c’est qu’il n’a pas seulement un très gros sexe, cela uniquement ça n’a pas une si grande valeur de persuasion. Lui, il a une bite parfaite : la couleur, la...

Récréation

R

La rondeur de mes fesses bombées dans ce pantalon moulant nourrit suffisamment mon égo pour me donner le courage d’affronter son existence. Mes seins nus sous mon chemisier de soie gris deux fois trop grand que j’ai couvert de bijoux en wanna be Caroline Néron valsent le rythme de mes hauts talons. Les épaules vers l’arrière, le menton en l’air, je pavane, comme si faire la poule allait le convaincre que finalement, je suis assez bien pour être comblée de sperme.

Junkie

J

Moi, je préfèrerais être la pluie. Audacieuse et inconvenante, elle prend toute la place. Elle s’impose pour exister, se précipite sans demander et sans analyser. Elle manque de respect, explose intensément, sans retenue et sans être attendue. Elle prend le contrôle et nous chavire. Elle ne fait que ce qui lui plait. Froide et noire, goutte à goutte, elle tombe, se répand, se cumule, s’accumule, sans penser aux gens, sans prévoir leurs désagréments. Elle coule, s’infiltre et s’impose. Elle est...

Revanche

R

Il se conforme à nouveau, libérant sa verge aussi grosse que dure. J’aimerais la lécher, la plonger tout au fond de ma bouche jusqu’à ma gorge. Sa saveur me manque. Je sais que son gland va bientôt mouiller et je voudrais plus que tout pouvoir récolter ses premières gouttes.

Curiosité

C

Curieuse coupable, je ne peux m’empêcher de jeter un œil. Et je la vois là elle, sur la pointe des pieds, le corps incliné vers l’avant, la main en appui sur son lit; le cul bien remonté pour mieux s'offrir à l'homme qui la pénètre. Elle est belle, mince et musclée.

Liste

L

Encore un mardi, encore un autre, une couple de verres, une couple de filles, notre routine de haine à la routine. Force de, je pense qu’on devient un genre de vieux quatu-couple, un groupe d’habituées désabusées, toujours assises à la même place, au fond de la place. À la différence que juin est tout juste arrivé et que le soleil a commencé à pointer. Dehors pas trop loin des rues, les rayons chauds reflètent contre nos lunettes fumées et le vent de printemps fait valser nos cheveux. Ceux de...

Moral

M

Ma chambre illuminée par le soleil du matin, les yeux clos et l’esprit encore vapeur, je me réveille doucement en profitant de mon état de demi-conscience, cette fine ligne entre les rêves et la r... •  Cette publication requiert un abonnement  • Trop timide pour tout montrer ouvertement, mais trop exhibitionniste pour m’en empêcher réellement, j’ai créé un univers privé où il n’y a aucun texte censuré. Devenir Membre Déjà membre, se connecter : Username or E-mail Password Remember Me  ...

Enfin

E

Je me retourne et lui fais signe de retirer son chandail. Puis je passe mes mains sur son torse chaud. Je continue de danser devant ses yeux et je défais sa ceinture. Il repousse son pantalon au sol. Ne reste que son boxer pour me séparer de mon but : sa queue tendue. Elle semble vouloir fendre le tissu pour moi.

Libérée

L

Mais je le veux encore. Devant mes yeux. Dans mes mains. Dans ma bouche. Sur la courbe de mes reins... Je veux le sentir m’emplir, me déborder le corps. J’en veux encore. Il n’est pas 7 h le matin et je suis déjà enflammée, ça s’annonce une belle journée